Le site des associations du Grand Selve

Histoire de notre quartier

 

 

 

Si le quartier bénéficie de cette terminologie, c'est que le domaine de Grand-Selve appartenait au Collège Saint-Bernard, dirigé par des religieux de l'abbaye de Grand-Selve située sur la commune de Bouillac prés de Verdun sur Garonne, dans le Comté de Toulouse

 


C’est en 1114, sous le règne du roi Louis VI, que Géraud de Salles (1) installa quelques ermites dans la profonde forêt située prés de Verdun sur Garonne, à une quarantaine de kilomètres au Nord-Ouest de Toulouse.

Trois ans plus tard Amélius, évêque de Toulouse, autorise Géraud de Salles et ses moines à construire une église ainsi que quelques logements. Ce modeste ermitage se transformera rapidement en un vaste monastère qui deviendra l’abbaye de Grand-Selve (grandis sylva qui signifie grande forêt).

De 1117 à 1791 cette abbaye sera dirigée par des abbés. Ceux du XIIe et XIIIe siècles furent les plus entreprenants. Ils surent être d’excellents administrateurs, ils reçurent, entre 1164 et 1190, de nombreuses donations de terres et de fermes et aussi des biens immobiliers à Paris, Bordeaux et dans le bourg toulousain, où ils créèrent un hospice (2).

1) Géraud de Salles né à Bergerac en 1070 fonda des monastères, notamment celui de Caduin en Dordogne, Grand-Selve dans le Tarn et Garonne et celui de Châtelliers dans les Deux-Sèvres.

2) Hospice situé alors près de l’église Saint-Sernin cet établissement sera transformé en 1281 en collège de théologie et deviendra plus tard une sorte de petite université. Dans le cadastre de 1477, dressé par les Capitouls, le collège occupe presque tout l’îlot situé entre les rues Merly, Pouzonville et Saint-Bernard.

 

En 1166 Pons II (3) acquit neuf pièces de terre et un bois sur le territoire dénommé la Grande Lande (4)

Ces biens constituèrent une grande métairie qui prendra le nom de La Garrigue et sera rattachée à l’hospice toulousain

Exploitée par des convers, ou frères laïcs, elle deviendra l’une des 25 granges ou fermes isolées et portera le nom de Grange de Lalande.

Malheureusement les guerres viendront troubler la vie des moines :

- 1208 à 1228 : guerre des Albigeois, Simon de Montfort établit son campement sur le territoire de la Grande Lande. Durant les quarante jours que dura le siège de Toulouse, les pèlerins pillèrent la région.

- 1328 à 1453 : guerre de Cent ans, qui viendra à son tour ravager ce territoire.

 

3) Pons II cinquième abbé de Grand-Selve qui dirigea l’abbaye de 1165 à 1174.

4) La Grande Lande toulousaine, partie de Toulouse située entre la rive droite de la Garonne et la rive gauche de l’Hers qui part des remparts de la ville jusqu’aux environs de la commune de Launaguet.


La métairie sera échangée contre deux uchaux (5) du moulin du Bazacle le 16 février 1527 par Gabriel Ier de Narbonne (6) et Jean De Bernuy, seigneur de Paleficat, riche commerçant toulousain l’un des plus important, négociant, de la ville dans le domaine du Pastel (7).

Le collège devra renoncer à ces deux uchaux car le contrat d’échange, étant reconnu nul de plein droit, il sera désapprouvé par le Chapitre général de l’ordre.

Par un arrêt du Parlement. le proviseur du collège, don François Loujon, le fera casser et Pierre de Corneillan Bernuy, baron de Villeneuve, sera condamné, le 5 septembre 1623, à restituer la métairie et verser la somme de 2 460 livres et 6 sols.

Durant près d’un siècle le domaine aura appartenu aux Bernuy seigneurs de Paleficat.

 

5) Uchau, ancienne mesure de vin à Toulouse, il deviendra par la suite un synonyme de part. Un uchau correspond à la quantité de grains que doit prendre l’actionnaire en fonction de son intéressement dans la société.

6) Gabriel I de Narbonne abbé de Grand-Selve dirigea l’abbaye de 1519 à 1530.

7) Le Pastel cette plante qui donnait une teinture bleue indélébile, contribua de 1463 à 1560 à la fortune des négociants et à la construction de nombreux hôtels particuliers.

 


En 1669 le domaine est déclaré à l’hôtel de ville par le proviseur du collège Saint-Bernard pour une contenance de 90 arpents (8) .

Le 24 août 1671 la métairie est revendue avec possibilité de rachat au même Pierre de Corneillan Bernuy, auquel se substitua Monsieur Douvrier. Le 4 décembre 1702 don Loume nouveau proviseur du collège, emprunte la somme de 7000 livres à Monsieur de Cominihan de la Cournaudric et rachète la métairie à Monsieur Douvrier pour la somme de 8600 livres. Le cadastre de 1690 mentionne cette vente et lui attribue une superficie totale de 121 arpents.

Par testament du 13 décembre 1711, Monsieur Jean Mathieu de Cominihan de la Cournaudric lègue au Collège Saint-Bernard la somme de 1.000 livres à déduire des 7.000 qui lui étaient dues. Enfin en 1732 Monsieur d’Hauterive, professeur d’Université lègue au Collège Saint-Bernard la somme de 6.000 livres pour y fonder une chaire de docteur régent qui portera son nom. L’héritier de Monsieur de Cominihan fut ainsi remboursé des 6.000 livres qui lui étaient dues.

Si les moines gardaient la métairie avec une hypothèque de six milles livres, ils n’en étaient pas au bout de leurs peines. Située sur la paroisse de Saint-Sernin, la métairie reste redevable à son dîmaire. Les proviseurs du collège intentèrent et perdirent plusieurs procès au sujet de cette dîme (9) due par la métairie. C’est le 12 août 1716 qu’on y mit fin par la transaction, en vertu de laquelle le proviseur du Collège ne devait plus payer que le dix-huitième au lieu du dixième. Le domaine sera libéré du droit de carnelage (10) , tant qu’il sera dirigé par le proviseur du Collège ou par les religieux.

 

8) L’arpent équivalait à 5690 mètres carrés.

9) Dîme, impôt payable en nature à l’église correspondant à un dixième des récoltes des produits sortant de la terre ainsi que des bestiaux. Cet impôt servait à entretenir les bâtiments et fournitures du culte, une autre partie était utilisée pour les pauvres. Aucune classe sociale n’est exempte de cette taxe.

10) Le droit de carnelage, taxe sur la viande.

 


Pendant la Révolution le domaine d’une contenance de 131 arpents fut mis en vente comme bien national . Le 23 janvier 1791 la propriété est adjugée à Arnaud Lestrade, dernier enchérisseur, pour la somme de 25 000 livres. Mais, avec une surenchère de 33 100 livres, le 14 février 1791, c’est Monsieur Manignard, commerçant place de la Bourse, qui l’obtient. Ce dernier fit, séance tenante, élection d’ami en faveur de l’architecte, Raymond Bibent, dit Levignac , l’acheteur s’engagea à acquitter cette somme au district de Toulouse.

Au cadastre de 1829, le domaine appartenait à la famille Bibent et c’est pendant cette période que fut très certainement bâti le château actuel. En 1890 le chanoine Auguste Bibent, lèguera le domaine à son neveux Monsieur Charles Desclaux docteur en médecine. En 1903 François Desclaux, hérite du domaine de son père Charles Desclaux.

De 1918 à 1921 le domaine appartient à Monsieur Clément Mandoul.


En 1921 Monsieur Jean-Marie Durand devient le nouveau propriétaire du domaine d’une contenance de 65 hectares. Il est constitué d’un château, d’une chapelle, de bâtiments d’exploitation, de terres labourables, de vigne et d’un bois.

Le 12 décembre 1924 Monsieur Durand dépose, à la Mairie un projet de lotissement. Ce lotissement, déjà réalisé en parti, comporte l’ouverture de neuf chemins destinés à desservir les diverses parcelles. Ces voies tracées ou projetées représentent un développement de plus de 4 kilomètres de long.

Vu l’importance de ce projet, les questions de viabilité et d’écoulement des eaux usées posent de gros problèmes et demandent un examen plus approfondi. De plus, les réseaux de la ville n’arrivent pas à proximité du lotissement et il est inacceptable de se servir des puits car les nappes phréatiques n’offrent aucune sécurité. Ce projet sera rejeté le 30 décembre 1924 pour insuffisance d’étude.

Une nouvelle demande est déposée le 24 juin 1925 pour une superficie de 31 hectares dont 2654 mètres de voies ayant 9 mètres de largeur. La plupart des parcelles du lotissement ont été vendues par acte notarié, antérieurement à la loi du 19 juillet 1924, les autres postérieurement par promesse de vente. Ce projet reçoit l’agrément du Conseil municipal et est approuvé par le Préfet le 12 juin 1926.

Voilà comment le quartier du Grand-Selve (11) a pris naissance, avec l’ouverture de la rue Durand, rue des Vignes, rue Fénelon, rue des Sables et l’allée du Grand-Selve, le reste de la propriété est revendu à Monsieur François Fourriques en 1927.

 

 

11) Grand-Selve, si l’on connaît l’origine du nom, l’histoire ne nous dit pas à quelle période le domaine fut baptisé Grand-Selve. 

 


En 1929 le Domaine, qui ne compte plus que 27 hectares, est racheté par Messieurs Angelo Redondi et Attilio Locatelli

A leur tour les nouveaux propriétaires déposeront une demande de lotissement, mais ce projet n’obtiendra pas l’agrément du Conseil municipal. Il sera refusé car l’installation d’un réseau en eau potable nécessite une trop forte dépense pour la ville, l’amortissement de cette dépense serait trop long en raison des faibles recettes à attendre d’abonnements éventuels sur le parcours de la canalisation ou la plupart des propriétés maraîchères disposent des pompes à moteur alimentées en eau de puits. De plus ce refus est motivé par la Commission départementale de l’aménagement et d’extension des villes au sujet du déversement des eaux usées dans les fossés mères, ce qui risque de compromettre gravement la salubrité publique.

Messieurs Redondi et Locatelli transformeront leurs projet ; en 1936, et créeront un lotissement jardin, de nouvelles voies seront ouvertes pour accéder aux différentes parcelles. Toutes les rues de ce lotissement commencent par la lettre F, Finistère, Faisanderie, Fabas, Fleurie, Fabian, Froideterre, Fougères, Fenaison, Ferme. La situation du quartier n’évoluera plus.

Si le domaine acquis par les religieux en 1166 a traversé les siècles en conservant sa superficie, il aura fallu le passage de la rocade pour venir amputer ce quartier paisible.


 

Cet historique vous est proposé par le Comité d’Animation du Grand-Selve, il a été réalisé par Alain Tejedor grâce au concours :

  • Des Editions Privat La Grande lande de L’abbé Lafforgue 1909

  • Monsieur Christian Maillebiau écrivain auteur du livre les Châteaux de Toulouse

  • Monsieur Villeval historien au Musée de Toulouse

  • Archives Municipales de Toulouse

  • Et le prêt de documents, des familles Laurent, Leblond, Loupiac

 

L’illustration:
Monsieur Didier Gonçalvez, artiste peintre, connu sous le pseudonyme : Die-go


Légende :
Monsieur Christian Maillebiau

Infirmier D.E.

Soins à domicile
Yann ABADIE
66, allée du Grand-Selve
31200 Toulouse
Tel: 06 28 40 68 53
email:abadieyann@orange.fr

Bibliobus

Allée du Grand-Selve côté groupe scolaire, 1er et 3eme lundis de 14h30 à 18h00
Service bibliobus: 05 61 22 33 37

Nuisances, conflits de voisinage, enlèvement de graffitis, réfections de voirie ou encombrants, composez
le 05 61 222 222

Restaurant  "La Noria"
à proximité du Grand Selve
Réservation : 09 51 96 09 18

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